AbertCossery LeVoltaireduNil Définitivement noyé rue de Seine, Albert Cossery est repèché par ses lecteurs...L'écrivain égyptien de langue française Albert Cossery, qui vient de mourir dimanche à Paris à 94 ans, n'a eu de cesse, en seulement huit livres plutôt courts, de rendre hommage aux petites gens et aux marginaux de son enfance cairote. Surnommé le "Voltaire du Nil" pour son ironie à l'encontre des nantis, Albert Cossery était une figure de Saint-Germain des Prés où il résidait depuis 1945 dans la chambre d'hôtel où il est décédé. LE SALAIRE DE LA PERSÉVÉRANCE ET DU COURAGE Après un combat juridique acharné, cette personnalité atypique et si peu française, a fini par gagner. Beaucoup auraient, à sa place, succombé aux coups et aux trahisons. Au terme de cette affaire rocambolesque Bernard Tapie et son épouse Dominique ont guetté la sentence du tribunal arbitral ensemble. Le couple se trouvait à Paris, dans le cabinet de leur avocat Me Maurice Lantourne, sur les Champs-Elysées. Quand la sentence est tombée, les époux Tapie se sont longuement étreints, incapables de retenir leurs larmes de joie.
Lauréat du prix de la Francophonie de l'Académie française (1990), du prix Méditerranée (2000) et du prix Poncetton de la Société des gens des lettres (2005), il a fait l'éloge dans ses livres, au style classique, hors mode, du dénuement et d'un "art de vivre" loin de notre société consommatrice. Il a mis en scène des humbles, des inadaptés, qu'ils soient voleurs, prostituées ou balayeurs de rues, persifleurs à l'égard des pouvoirs. Ses livres, parus en France chez Joëlle Losfeld, s'intitulent "Mendiants et orgueilleux", "Un complot de saltimbanques", "La maison de la mort certaine", "La violence et la dérision", "Les fainéants de la vallée fertile" ou, son dernier, "Les couleurs de l'infamie" (1999). Son premier roman, "Les hommes oubliés de Dieu", avait été défendu aux Etats-Unis par Henry Miller, dans les années 40.
Né le 3 novembre 1913 au Caire, cet ancien élève des Frères des écoles chrétiennes avait une mère illettrée et un père qui, disait-il, "lisait les journaux". Alors que, dans Le Caire des années 20 et 30, la bourgeoisie parle français, il découvre tout gamin Balzac et les classiques. Tous ses livres sont écrits en français. "J'aime cette langue", a-t-il souvent dit, précisant toutefois: "Je suis et reste un égyptien de culture et de langue françaises, avec un univers égyptien. C'est pour cela que mes livres ne font référence qu'à mon pays natal". "Je pense en arabe. Même un personnage qui vous dit bonjour, il y a quelque chose derrière. Ce n'est pas un bonjour à l'européenne, c'est-à-dire qui ne signifie rien. Et cela je dois le rendre" dans mes livres, indiquait-il dans un entretien filmé par l'INA accordé à Michel Mitrani.
En 1945, il débarque à Paris, connaît la vie de bohème, fréquentant en plein après-guerre Camus (son copain de drague), Genet, Gréco, Giacometti, Vian ou Mouloudji. Il s'installe dans un modeste hôtel de la rue de Seine, La Louisiane, où il restera toute sa vie. Sa chambre comprend certes un frigo et une télévision mais son occupant n'a ni bibelots ni souvenirs. Il ne possède que des vêtements: "pour attester ma présence sur terre, je n'ai pas besoin d'une belle voiture", ironisait-il. Le vieux dandy du Quartier latin, qu'on croisait ces dernières années impeccablement habillé, le regard acéré sur tout ce qui l'entourait, le corps devenu aussi léger qu'une plume, aura fait preuve, sa vie durant, d'une forme de paresse, d'hédonisme, de simplicité ainsi que d'une absence d'illusions politiques: il savait trop bien qu'en finir avec un despote ne signifiait pas forcément la fin de la tyrannie. En 1998, un cancer de la gorge l'avait privé de ses cordes vocales, le rendant presque aphone. Il griffonnait sur un bloc-notes pour répondre aux questions des journalistes. Ses livres sont traduits en une quinzaine de langues mais, selon lui, les versions arabes ne sont pas bonnes, en raison de passages censurés qui en appauvrissent la lecture. © 2008 AFP. Tous droits réservés.
"L'AffaireTapie"
Depuis 14 ans, Bernard Tapie mène sur le terrain judiciaire, une lutte sans fin contre le Crédit Lyonnais sur l'affaire Adidas. Avec, la complicité de Robert Louis-Dreyfus, repreneur successif de la marque à trois bandes et du club de foot.de l’O.M. à Marseille. Celui-ci doit à Tapie d'avoir réalisé le meilleur coup financier de sa carrière, à l'occasion du rachat et de la revente d'Adidas, (financés par le Crédit Lyonnais), sans verser un centime d'impôt sur les plus-values et en profitant du redressement commencé sous Tapie. En retour, Louis-Dreyfus, c'est le moins qu'il pouvait faire, a longtemps soutenu Tapie dans sa guérilla judiciaire contre le Lyonnais.
Adidas a été rachetée en 1990 par le Groupe Tapie avec l’aide du Lyonnais et de ses filiales, en particulier la SDBO, pour 244 millions d'euros.Trois ans plus tard, chargé de trouver un repreneur, au moment où Tapie devenait ministre de la Ville, le Lyonnais avait revendu la marque aux trois bandes à sa propre filiale la SDBO pour 318 millions d’euros. Après la mise en place d’un système de portage complexe dans des paradis fiscaux pour dissimuler le fait que le groupe bancaire rachetait lui-même Adidas, la société est revendue en 1994 pour 708 millions d’euros à Robert Louis-Dreyfus. Sans que l’on connaisse les montants avec précision, cette chaîne de transactions a généré de confortables plus-values: près de 400 millions d’euros pour Robert Louis-Dreyfus et plus de 300 pour le Crédit Lyonnais. Le groupe Tapie s'était contenté de 240 millions. Pour une fois floué par plus malin que lui, Tapie avait initié plusieurs procédures judiciaires contre le Crédit Lyonnais et le CDR. Les liquidateurs judiciaires de ses deux holdings M° Pavec et Pierrel réclamèrent 530 millions au CDR, et le mandataire des petits porteurs de Bernard Tapie Finances, Me Farthouat, un milliard d’euros. Robert Louis-Dreyfus apporte alors son soutien à Bernard Tapie en témoignant en mai 1999, devant huissier, dans le cadre d'une sommation interpellative, susceptible d'être produite en justice, que le Lyonnais avait perçu «bien plus de 1,2 milliard» lors de l'introduction en Bourse d'Adidas, contrairement aux dires de la banque.
Dix-huit ans et trois jugements plus tard, le Consortium de réalisation (CDR) qui gère les anciennes créances du Crédit Lyonnais doit payer à Bernard Tapie, ruiné et criblé de dettes, 240 millions d'euros, et 45 millions pour préjudice moral, sans compter les intérêts cumulés. Le Mondeet Le NouvelObservateurestiment que Bernard Tapie devrait toucher 400 millions sur le plafond de 480 millions fixé par la médiation. 190 millions iront à l'Etat, afin de payer les frais de liquidation judicaire que le groupe Tapie lui doit, notamment sa dette fiscale. De plus Bernard Tapie a des créanciers privés. Une partie des 285 millions vont donc permettre d'éponger les dernières dettes de l'homme d'affaires. Parmi ces créanciers, il y a... le Crédit Lyonnais qui bénéficie d’une hypothèque sur les trois logements dans lesquels vit encore la famille Tapie. Au final, Bernard Tapie lui-même considère qu'il touchera « à la louche » entre 20 et 22 millions d'euros. « 25 millions minimum », évaluation partagée par les experts. Mais ces calculs ne prennent pas en compte les intérêts accumulés entre 1994 et aujourd'hui.
Surnommé le "Zorro des entreprises", Bernard Tapie, 65 ans, est un inlassable battant qui, après avoir gagné des fortunes dans les affaires, goûté la gloire dans le football et brillé en politique, a connu la ruine et la prison avant de renaître en comédien et animateur télé. Né le 26 janvier 1943 à Paris dans une famille modeste, il devient vers 30 ans une vedette des affaires, en se spécialisant dans la reprise d'entreprises en difficultés. Après TAPY, Tapie est « Inventé » par Claude Colombani celui-ci lui présente l'avocat d'affaires Jean-Louis Borloo, actuel ministre du Travail, qui deviendra son ami et son mentor. En quelques années, il reprendra une cinquantaine d’entreprises. Son plus gros "coup", et, la source de ses ennuis, sera le rachat en 1990d'Adidas.
Passionné de sport, il se lance dans le sponsoring sportif (Bernard Hinault en 1985 et Greg LeMond en 1986 gagnent le Tour de France sous les couleurs de l'une de ses entreprises), puis rachète en 1986 le club de football de l'Olympique de Marseille.Il se lance aussi en politique en se présentant en 1988 aux législatives à Marseille, aux régionales en 1992, aux européennes en 1994. Son sommet politique sera son entrée en avril 1992 dans le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy, qui le nomme ministre de la Ville.Son courage et son allant lui valent une auréole de pourfendeur du Front national et de défenseur des jeunes de banlieue.
La fortune l'abandonne brutalement lorsque éclate le scandale du match truqué OM-Valenciennes, inéligible, au bord de la ruine, Bernard Tapie est dans la nasse. Le Fisc et le Crédit Lyonnais lui réclament plus d’un milliard de francs. Les badauds font la queue devant son hôtel particulier de la rue Bonaparte, dans le VIe arrondissement de Paris, pour apercevoir ses objets d'art et son riche mobilier en train d'être saisis par les huissiers. Au pied du mur, le flambeur fait comme si de rien n’était et couvre de cadeaux sa petite famille. Meurtri, déprimé il sait que la prison est inéluctable.
COLOMBIE réconciliationnationaleprochain défi
LILLE (AFP) - Le tribunal de grande instance de Lille a annulé en avril un mariage entre musulmans "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe car celle-ci avait menti sur sa virginité.
Le mari, un ingénieur d'une trentaine d'années, avait décidé dès le lendemain de se séparer de son épouse et l'avait assignée en justice le 26 juillet 2006.
On aurait pu faire un divorce par consentement mutuel (...) J'ai opté pour la procédure de "nullité relative" car c'est celle qui correspond le mieux à la situation, a déclaré à l'AFP l'avocat de l'époux Me Xavier Labbée.Le divorce sanctionne un manquement aux obligations issues du mariage comme l'infidélité. Ici, il y a un vice dès le départ, a-t-il expliqué.
Le tribunal a annulé l'union, estimant que l'époux l'avait conclue "sous l'empire d'une erreur objective" qui "était déterminante dans son consentement".
Une décision basée sur l'article 180 du code civil, qui stipule que "s'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage" dans un délai de cinq ans.
Le jugement est "parfaitement logique" car "l'épouse a reconnu qu'elle avait menti", a estimé Me Labbée.
La secrétaire d'Etat au droit des femmes Valérie Létard a déclaré dans un communiqué être "consternée de voir qu'aujourd'hui en France certaines dispositions du code civil conduisent, par l'interprétation qui peut en être faite, à une régression du statut de la femme". "Une telle décision est une atteinte à l'intégrité des femmes et une violation aux droits fondamentaux de tout individu", est-il ajouté dans le communiqué, soulignant que "cette réalité est d'autant plus choquante que le gouvernement multiplie les mesures en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes".
Le député UMP Jacques Myard a exprimé son "indignation" face à une décision "choquante (qui) avalise un intégrisme archaïque". Le PS a dénoncé un jugement "atterrant" qui "bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre, librement, comme les hommes, leur sexualité" et le PCF l'a qualifiée de "scandaleuse". L'association "Ni putes Ni Soumises" a évoqué une "régression" , exprimant son amertume "de savoir qu'en France la virginité peut être considérée comme une +qualité essentielle+" et a réclamé un changement législatif.
Le procureur de Lille Philippe Lemaire a déclaré à l'AFP que le jugement était "assez conforme à la jurisprudence classique", insisté sur le fait que les deux époux étaient "d'accord". Le problème de la virginité "focalise un peu le débat, mais, selon ce magistrat, la question ce n'est pas la virginité, c'est la liaison qu'elle a eue avant et qui a été cachée."C'est le mensonge qui motive la décision du juge", a souligné le procureur Lemaire. La Chancellerie a affirmé ne pas avoir le souvenir d'une annulation pour mensonge sur la virginité, même si les annulations pour mensonges sur "des éléments de personnalité" d'un des conjoints sont loin d'être rares. Parmi ces "erreurs" figurent essentiellement la découverte après le mariage que le conjoint est divorcé, qu'il a menti sur sa nationalité, qu'il fait l'objet d'une mesure de curatelle ou qu'il n'est pas apte à avoir des relations sexuelles normales
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Une bonne partie de la presse française estime vendredi qu'après la libération d'Ingrid Betancourt, la réconciliation nationale est le prochain défi à relever pour la Colombie.
Pour L'Humanite (communiset), "créer les conditions d'un cadre politique de négociations pour mettre fin à ce conflit (entre l'Etat colombien et les Farc) est une urgence internationale que l'écho de la libération d'Ingrid Betancourt doit servir à relancer et non à renvoyer à plus tard."
Le Monde est certain, pour sa part, que le président colombien Alvaro Uribe "va tout faire, désormais, pour pousser son avantage et permettre à son pays de tourner la page de cette guerre civile".
Le Figaro (droite), pense lui aussi que "la pression militaire doit conduire à un règlement politique qui libère enfin la Colombie d'un mouvement armé adossé à l'argent de la drogue". Pour lui, Ingrid Betancourt, "héroïne de la résistance", "est en passe de devenir le symbole d'une réconciliation nécessaire".
Symbole ou maître d'oeuvre?... Il n'a pas échappé à Libération qu'Ingrid Betancourt "est apparue (...), dès les premières heures qui ont suivi sa libération, comme une femme politique, se situant nettement sur ce terrain et délivrant de forts discours et appels au dialogue".
La Montagne, relève elle aussi "la célérité et l'énergie inattendues avec lesquelles, aussitôt rendue à la liberté, (l'ex-otage) a repris pied dans les proches échéances électorales de son pays".
"A peine lui en offre-t-on l'occasion, et déjà revient la militante politique, guère disposée à faire la pause", observe Nord-Eclair, qui prédit qu'Ingrid Betancourt "ne s'accommodera pas d'un système qui contraint le paysan à se mettre au service des narco-trafiquants, lesquels subventionnent la plus ancienne des rébellions en Amérique latine."
La Croix (catholique) souligne d'ailleurs que les Colombiens eux-mêmes ont démontré, en manifestant pour la libération des otages, "leur refus de la violence, leur désir de paix. Manifestation renouvelée désormais pour les centaines d'otages encore retenus par les Farc". Et d'ajouter: "Cette révolte de la population est un gage d'espoir pour l'avenir. Ingrid Betancourt saura l'incarner".
Mieux qu'Alvaro Uribe? Pour La Liberté de l'Est, le président colombien sort au contraire "grandi de cet épisode, dont il va se servir pour asseoir une autorité contestée".
En écho, Paris-Normandie remarque qu'Alvaro Uribe, "décrié à l'étranger, contesté dans sa légitimité", est depuis hier "face à un défi nouveau: transformer un succès militaire en renouveau politique".
Alors, Uribe ou Betancourt pour tourner la page de la guerre civile? Le coeur de nombreux éditorialistes penchent pour l'ex-otage, à l'instar de La Voix du Nord: "On se dit que ce pays miné par une guérilla interminable et par le trafic de la drogue aurait bien besoin du rayonnement d'Ingrid Betancourt".

INGRID BETANCOURT et 14 autres otages libérés par l'armée 02/07/2008 20h30
Les otages, dont Ingrid Betancourt et les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée, a indiqué le ministre au cours d'une conférence de presse.
Onze militaires colombiens, principalement des officiers, ont également pu retrouver la liberté lors de cette opération, menée dans la province de Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, selon le ministre.
A Paris, la présidence française a confirmé à l'AFP la libération d'Ingrid Betancourt. "Oui, Ingrid Betancourt a été libérée", a déclaré un haut responsable au palais de l'Elysée.
"C'est une immense joie, une joie indescriptible. je n'arrive pas à y croire", a déclaré à l'AFP Lorenzo Delloye, le fils de l'otage franco-colombienne.
Madrid ressent une "énorme satisfaction" après l'annonce de la libération d'Ingrid Betancourt, a déclaré à l'AFP un porte-parole du gouvernement espagnol.
Selon le ministre colombien de la Défense, "les otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d'otages".
Comme les otages séquestrés étaient divisés en trois groupes, l'armée, invoquant grâce à ses agents infiltrés parmi les gardiens guérilleros un faux ordre d'Alfonso Cano, le nouveau chef des Farc, a obtenu que les otages soient réunis "soit-disant toujours sur ordre de Cano" par leurs geôliers et que leur transfert se déroule dans un lieu du sud du pays.
"Puis un hélicoptère, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a précisé M. Santos.
"César", le chef des geôliers des Farc, et ses guérilleros ont été immédiatement "neutralisés et les otages sont actuellement libres", a annoncé M. Santos.
Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, était otage des Farc depuis plus de six ans.